La question du Tibet, celle qui continue de “déranger”, a depuis maintenant plusieurs décennies agité, ému, révolté le monde entier. Le Tibet, celui des fascinations, celui des monts et des ciels infinis, fait toujours rêver et, est paradoxalement plongé dans le cauchemar, rongé patiemment, tenacement par un gouvernement à la main de béton et de fer. Pourtant, le silence persiste du côté des organisations internationales.
Ces photographies ont été prises au Népal (Kathmandu et Pokhara) en Août 2008 pendant les Jeux Olympiques de Pékin par Arnaud Hémery et Tra My Nguyen (étudiants à l’université Paris 7) dans le cadre du projet Il était une fois…derrière l’Himalaya. Le Népal regroupe la deuxième plus grande communauté tibétaine exilée. Les plus jeunes, descendants direct des résistants Chushii Gangdrup, n’ont pas connu leur pays d’origine mais c’est avec intérêt qu’ils protègent à leur tour leur culture multiséculaire.
Cette exposition souhaite empêcher le silence et l’oubli de s’installer, sans pour autant crier. Elle transmet des regards, des gestes, des couleurs, la persévérance et la volonté inébranlable d’un peuple qui revendique ses droits fondamentaux. Le Tibet nous pose la question de notre propre liberté, alors arrêtons-nous un instant, regardons, échangeons : afin de ne pas laisser, comme le dit Claude B. Levenson, le « Tibet mourir de nos silences ».