Thomas Diego Armonia, peintre classique moderne.
Auteur : Éloïse Bouton
Date de publication : 28/09/2009
De la couleur au noir et blanc, Thomas Diego Armonia a effectué le grand saut. Cet artiste d’origine italienne s’est nourri de voyages avant de présenter sa première exposition de peinture en couleur en 1993. Après un séjour prolongé à Paris, il s’oriente vers le noir et blanc dès 2006 et depuis, ne travaille plus que ce style. Univarts a tenté de découvrir l’homme qui se cache derrière le pinceau.
Mon travail est celui d’un artiste peintre. Pour moi l’art reste beauté et la beauté est art. Dans ce contexte, je ne suis pas comparable aux artistes modernes conceptuels ou de la nouvelle génération. Je n’aime pas non plus choquer les gens avec trop de sang ou de violence. J’utilise avec plaisir des matières classiques comme l’huile, la toile et les feuilles d’or. Un ensemble de matériaux qui donne aussi des clefs de lectures pour la compréhension de mes œuvres. Bien que le tout soit relevé par un design assez moderne, j’accorde également une certaine part d’importance dans mes réalisations aux outils classiques.
En quelque sorte, je suis un artiste soit contemporain soit classique, je m’inscris à la fois dans les deux disciplines puisque je me réapproprie les codes de représentation de l’ancienne école en y inscrivant des formes plus modernes. Le fond reste classique alors que la forme est réactualisée.
Mes influences sont majoritairement inspirées par mes voyages et mes rencontres. Mon inspiration actuelle est fortement liée à l’influence de l’Histoire et de l’Histoire de l’art. J’ai une grande admiration pour Picasso, Klimt, Rivera, Caravage, Delacroix, Véronèse, Matisse, Moreau… J’aime flâner au Louvre et dans les autres musées pour recueillir leurs messages, leurs techniques. J’aime passer des heures dans un endroit à faire des croquis sur ce qui m’entoure, prendre des photos de détails. Puis, de retour au calme dans mon atelier, je fais jaillir les idées qui se sont composées après ces observations. Je mêle ainsi toutes ces inspirations nouvelles à ma sensibilité artistique, à ma façon …
Je crois que c’est le fait de toujours pouvoir se remettre en question. Le sentiment d’exister parce qu’on recherche toujours à atteindre la perfection alors qu’elle s’éloigne un peu plus à chaque fois que l’on tente de s’en approcher. Mais c’est dans ces moments que l’on se rend compte de son émancipation artistique, des progrès réalisés, bien que la perfection ne soit jamais atteinte. Et puis il faut oser, et ça, ça me plait énormément. Le propre de l’artiste est de pouvoir évoluer, d’être libre et de proposer des choses nouvelles pour toucher un peu plus, à chaque fois et de différentes manières, la réflexion, la sensibilité des gens.
Le plus souvent je pars d’une idée, d’un concept qui demande a être nourri. De cette idée nouvelle, des recherches sont ensuite essentielles pour la développer, lui donner du poids, de l’ampleur, une capacité à s’imposer et une profondeur conceptuelle. Après, il faut faire un choix, déterminer les messages qui sont susceptibles d’être les plus explicites en y associant des représentations picturales suffisamment parlantes. Cela s’exprime souvent par des codes artistiques que j’aime retrouver dans les œuvres classiques, par exemple la fleur de lys, le chérubin, toutes ces allusions font que la peinture véhicule une foultitude de messages permettant ainsi d’exprimer au mieux mon idée de base.
Je crois sans hésiter qu’il s’agit de la huitième merveille. Elle est directement issue d‘une ré interprétation des fameuses « Noces de Cana » de Véronèse. J’ai ainsi réalisé un quadratyque décomposé sur une surface totale de 27 mètres carrés. La peinture rend hommage au style du maniérisme Vénitien et plus précisément aux valeurs souvent négligés de la femme dans l’histoire humaine. Je tente donc d’introduire de ce fait l’idée que la huitième merveille est par excellence la femme elle-même.
Je m’inspire beaucoup de l’histoire de mon pays, mais j’ai souvent recadré ma perception au fur et à mesure de mes voyages. La culture du monde entier est tellement plus vaste. Pendant ma période de production en couleur, les gens m’ont souvent cru latino-américain par la force de mes palettes, par les rondeurs qui leur rappelaient Botero (qui ne m’a d’ailleurs presque jamais inspiré, je lui préfère de loin Diego Rivera). En cette période de réalisation en noir et blanc, les Italiens me trouvent « si Français » et les Français me trouvent assez italien… Les Chinois me trouvent plutôt fusion, entre Europe et Asie, par mes clins d’œil aux mangas japonais, avec ces yeux qui tirent vers l’infini et cette bouche « à cerise ». J’aime beaucoup ce mélange, c’est celui qui me définit le plus.
J’ai du mal à définir quelque chose qui me manque en particulier, car la vie m’a donné vraiment beaucoup. J’espère que cela continuera ainsi et que le public continuera à me suivre comme aujourd’hui.
Mis à jour : 25/09/2009
Credits photos : Cipriani, Fondazione Odyssea
Remerciements : Jean-Sébastien Rondel
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