Rencontre avec Marc Till, preneur de son et perchman.
Auteur : Alina Petrea
Date de publication : 10/12/2009
En télévision, cinéma ou documentaire le preneur de son est sur tous les fronts. Ces hommes et femmes de l’ombre traquent impitoyablement le silence pour travailler dans de bonnes conditions et rendre un son limpide. Marc Till un jeune Suisse fraîchement arrivé à Paris, travaille depuis 4 ans dans le milieu et ne se lasse pas du métier. Après un passage à l'université, il commence une formation de technicien du son dans une école privée de Genève. Son diplôme en poche il se lance dans l’extraordinaire aventure du son. Les coulisses du cinéma n’a plus de secret pour lui car depuis ses débuts il travaille essentiellement en fiction de la série télévisée au film nominé à Cannes.
Preneur de son et perchman, Marc se muscle les bras en tendant la perche pour aller pêcher les nombreuses répliques des comédiens. Sur un tournage il assure la qualité du son qu’il doit enregistrer. Il explique « que le but est de rendre ce que la caméra a filmé». En d’autres termes, la mission du perchman est de capter le son le plus fidèle à l’image. Et ce n’est pas une mince affaire! La principale caractéristique d’un preneur de son est la capacité à réagir rapidement dans n’importe quelle situation. D’ailleurs Marc ajoute à ce sujet « C’est un boulot très créatif parce qu’il faut toujours trouver des solutions à des problèmes liés aux ombres et au cadrage». Les difficultés sont liées au plan, choisi par le réalisateur. Si le plan est serré le perchman a toute la place qu’il veut pour se rapprocher de son sujet. A contrario si le cadrage est très large il reste moins d’espace pour le perchman. Et enfin la partie que Marc affectionne le plus ce sont les plans en mouvements car « on doit bouger dans tous les sens, suivre la caméra et trouver des astuces pour ne pas faire des ombres» affirme-t-il. La préoccupation du preneur de son lors d’une prise de son directe c’est d’être à l’écoute des moindre bruits environnants qui risqueraient de polluer la bande sonore. Toute cette gymnastique intellectuelle se fait «en trois secondes».
Sur un tournage de fiction le son est en général géré par une équipe constituée de l’ingénieur son et du perchman à la différence de l’image qui implique plus de monde. Les gens du son sont plus discrets mais fournissent un travail capital car ils prennent en charge toute la partie sonore. «Dis comme cela, c’est simple» mais c’est un boulot titanesque qui repose seulement sur deux à trois personnes. Marc ajoute que «le son implique l’invisible et le visible d’une image» c’est à dire qu’il faut habiller l’image par le son dans toute sa globalité.
Le perchman doit également posséder des compétences scientifiques et techniques, qui lui permet d’utiliser au mieux le matériel dont il dispose. Le perchman est un touche à tout. L’informatique, la manipulation de microphone, de magnétophones analogiques et numériques, l'électronique, la numérisation audio, l'électroacoustique, la mesure du son...bref une somme de savoir qu’il réactive à chaque moment.
A entendre notre interlocuteur le métier de perchman ou preneur de son est idéale pour les férus de voyage. En une année il est allé au Luxembourg, au Canada, en Italie, en Suisse, au Brésil... C’est une aventure humaine qui le passionne mais qui comporte également ses inconvénients. A tout moment de la journée le perchman doit être disponible pour tourner, qu’il pleuve ou qu’il neige. Il est dépendant, ce qui ne lui laisse pas beaucoup de temps pour ajuster sa vie personnelle à son travail. «On ne peut jamais réellement prévoir à l’avance» dit-il. Quand on aime, on ne compte pas!
Mis à jour : 10/12/2009
Credits photos : Pascal Becker, Bruno Dussart, Ricardo Vaz Palma, Marc Till, Marieke Staub
Remerciements : Marc Till
Copyright : UNIVARTS © 2009 - Tous droits réservés
0 commentaire
Se connecter avec Facebook ?
Autoriser Univarts à interagir avec votre compte et bénéficier de services supplémentaires au sein de votre compte.
* Les coulisses d'une comédienne
* Le fil rouge du cinéma
* Croqueur de film