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L'écriture dans la peau

Franck Laisné, auteur prolifique et insaisissable. 

Auteur : Éloïse Bouton
Date de publication : 26/01/2010

Franck Laisné
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Après une première interview il y a quatre ans, Univarts a suivi le parcours de Franck Laisné. Cet auteur de romans, poèmes, fictions, pièces de théâtre, paroles de chansons, scenarii et danophile sans jamais avoir mis un pied au Danemark, est un véritable hyperactif de l'écriture sans pour autant se disperser. Retrouvailles avec cette plume prolifique et insaisissable. 

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L'école où allait Franck Laisné
Franck Laisné
Que s'est-il passé depuis votre dernière rencontre avec Univarts en mars 2006 ?

J'ai écrit "Les bijoux de famille", pièce de théâtre montée en 2007 et jouée à La Providence et au Tremplin Théâtre à Paris pendant trois mois. J'avais écrit cette pièce à une époque où je manquais de maturité et j'ai décidé de la retravailler en améliorant les dialogues. Tout s'est alors enchaîné. J'ai trouvé un metteur en scène et des comédiens très facilement.

Comment la pièce a t-elle été accueillie par le public ? 

Les soirs où la salle était peu remplie, les comédiens étaient moins motivés et le public peu enthousiaste. Mais quand la salle était pleine, les comédiens étaient beaucoup plus impliqués et transmettaient leur énergie au public qui était ravi. Je pense que tout cela est très psychologique. 

Vous avez très peu lu. En quoi cette carence littéraire entache-t-elle votre crédibilité ? 

Cela ne pose pas problème. En tant qu'autodidacte, j'ai appris beaucoup plus par moi-même que la majortié des gens. Je suis très curieux de nature et peux passer des heures plongé dans un dictionnaire. Cet aspect ne m'a jamais porté préjudice. En revanche, le fait d'écrire des comédies est parfois mal perçu car le comique est considéré comme moins prestigieux que d'autres genres. Cette attitude est assez injuste car écrire une comédie nécessite de savoir construire une histoire en y insérant des gags, ce que j'estime plus difficile que d'écrire un drame. 

Comment les gens vous perçoivent-ils ?

En tant qu'auteur inconnu, les gens vous regardent de haut et ce snobisme intellectuel n'aide pas à gagner en crédibilité.  Ce sont les mêmes personnes qui vont assister à des concerts de musique classique sans ne rien connaître à la musique. Ce ne sont pas des passionnés. Je pense que cette attitude est très française et trouve ses causes dans l'orgueil. Je suis fréquemment confronté à ce type de comportement, mais de moins en moins car j'ai fait mes preuves sur le terrain. J'ai assuré la mise en scène du Soldat Rose, monté une pièce de théâtre, écrit pour plusieurs compositeurs, écrit "Loving you", un recueil de saynètes théâtrales qui a été joué dans 5 pays différents et j'ai un site Internet qui dépasse les 150 000 connexions. 

Comment s'est passée l'aventure "Loving you" ?

Il s'agit de ma première pièce de théâtre. Sur mon site Internet, l'une de mes saynètes intitulée "Après l'orage, le coup de foudre", s'est retrouvée en deuxième positiion au niveau des connexions. J'ai été très surpris. La pièce a beaucoup plu et a été jouée en France, en Belgique, au Québec, en Bulgarie et aux Etats-Unis. 

Comment réussisez-vous à jongler entre tous vos projets ? 

C'est compliqué ! D'autant plus que je travaille à côté car je ne parviens pas encore à vivre de mon écriture. J'ai peu de temps libre mais cela me plaît. 

Comment écrivez-vous ?

La nuit ou le matin de bonne heure. Je n'écris jamais chez moi car j'ai besoin de m'oxygéner. Je vais souvent dans des cafés où j'écris d'abord dans des cahiers. Ensuite, je dactylographie le texte sans le relire et l'imprime page par page pour fignoler les dialogues. Enfin, je termine par une relecture et j'apporte quelques corrections. J'écris quasiment tous les jours. Parfois seulement une ligne ou deux mais je n'ai jamais eu de panne et je n'ai pas peur de la page blanche. J'écris quand j'en ai envie et quand je suis inspiré. 

Quel est votre genre de prédilection ? Celui qui vous procure le plus de plaisir ou celui que vous abordez avec le plus de facilité ? 

J'aime beaucoup les textes de chansons. Ils sont autobiographique ou traitent de thèmes qui me touchent beaucoup ou m'intéressent particulièrement. L'écriture de chansons est très personnelle. Le théâtre ou le cinéma traitent de la vie des autres alors que les chansons traduisent davantage ma personnalité. Je soumets des textes à des artistes choisis au hasard. J'ai travaillé avec le compositeur rock Edouard Vernneisen, j'ai écrit "Les copines de ma copine" pour Arnaud Jamain, j'ai aussi écrit pour Sandrine Citony et Jonni Cappellot. Je pars du principe qui si mes textes leur plaisent et peuvent fonctionner avec leur musique, ils le verront tout de suite. En découvrant "Vertige à l'amour" de Bashung, j'ai développé un grand intérêt pour les textes de chansons. Il reste une grande source d'inspiration.

Quels sont les autres artistes avec lesquels vous avez collaboré ? 

Ils sont nombreux. J'ai écrit la chanson "Mon moi au masculin" pour Jonni Cappellot. J'écris une pièce de théâtre sur mesure pour Hélène Daurel, qui a été ma metteuse en scène pour "Les bijoux de famille". J’écris un spectacle pour Marie Cécile Gueguen qui joue en ce moment "Le silence d’une page" au Proscenium. J'aime aussi beaucoup le travail de Karen Jones, qui a écrit un livre magnifique qui intitulé "Les pantins de ma mère"


 

Comment avez-vous développé cette passion pour le Danemark sans jamais y être allé ? 

Je ne sais pas comment l'expliquer. C'est inconscient. Je n'y suis jamais allé car j'ai peur de ne jamais revenir. Ma nonchalance et ma rigueur sont tout à fait scandinaves. 

Que vous manque-t-il aujourd'hui ?

Le Danemark !

Mis à jour : 26/01/2010

Remerciements : Franck Laisné

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