Une salle de concerts sur la Seine.
Auteur : Éloïse Bouton
Date de publication : 02/03/2010
La Dame de Canton n'est ni un restaurant chinois ni une concubine esseulée. Ce nom évocateur d'orient déisgne une jonque chinoise amarrée Quai de la Gare dans le 13e arrondissement de Paris. Autrefois connue sous le nom de la Guinguette Pirate, ce bateau qui a sillonné les océans pendant près de dix ans et fait escale dans plus de quarante pays est aujourd'hui une salle de concerts flottante. Plongeon dans ce lieu insolite où art rime avec alternatif.
Construite en Chine il y a une trentaine d’années selon des plans du 17ème siècle, cette jonque traditionnelle a bravé les marées et fait escale dans plus de quarante pays. Détourné à des fins culturelles et transformé en salle de concerts, le bateau a ouvert 1er avril 1995 sous le nom de la Guinguette Pirate. Le lieu devient la Dame de Canton en 2008.
A peine entré sur le bateau, on atterrit dans la salle de concerts, plongeant directement dans l’ambiance. Autour de nous, la Dame de Canton transpire un parfum de vieux bois précieux qui provient de toute la structure de la jonque. Le lieu est divisé en trois salles principales qui dégagent chacune une atmosphère particulière. Entre boiseries apparentes et rideaux grenat, la salle de concerts se prête à l’écoute et à la discussion. La conception du bateau offre une très bonne acoustique permettant de discuter tout en écoutant les groupes. L’étage est réservé aux causeries animées accoudés au comptoir du bar. Ambiance cosy et éclairage feutré dans le Carré du Capitaine au sous-sol. On peut assister à des projections ou grignoter un morceau enfoncé dans des coussins moelleux. La décoration est insolite, à l’image du bateau : de vieux livres reliés et poussiéreux trônent sur les étagères au milieu de guitares accrochées aux parois et d’objets mystérieux.
Chaque recoin du bateau est propice à l’organisation de happenings. Le lieu accueille parfois des slameurs ou des peintures exposées sur les membrures dans la salle de restaurant. En dépit de sa faible jauge (150 personnes), la jonque chinoise peut se targuer d’avoir accueilli des artistes tels que le New York Ska-Jazz Ensemble, -M-, La Grande Sophie, Thomas Dutronc, Sanseverino ou Mademoiselle K, friands de découvrir un contexte de proximité avec le public. Tout le cachet de cette salle protéiforme repose sur sa programmation éclectique qui dédie une place centrale à toute forme d’expression artistique : musique, théâtre d’improvisation thématisé, expositions et installations…
La Dame de Canton navigue dans un univers de fusion où de l'électro africain et du jazz orientalo-andalou se côtoient ainsi que des musiques actuelles rassemblant chanson française, musiques du monde et pop rock. Philippe Holvoet, le gérant et son équipe s’appliquent à rechercher des manifestations décalées et pertinentes, revisitant et modernisant des courants plus anciens. Une illustration de cette démarche est la récurrence de soirées sexy burlesques où des danseuses s’effeuillent sur du rock décadent ou du glam rock pendant que le public peut profiter d’animations ludiques, de projections, d’ombres chinoises ou de jeux sexy softs.
Peu de lieux parisiens s’adonnent encore à la prise de risque artistique. La Dame de Canton s’inscrit dans cette lignée de salles dites alternatives par leurs choix assumés de programmation. Montez à bord respirer les embruns de la créativité et laissez vous porter par le roulis. Car même à quai, vous traverserez des océans.
Mis à jour : 02/03/2010
Credits photos : Éloïse Bouton
Remerciements : Philippe
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