Un pari risqué.
Auteur : Éloïse Bouton
Date de publication : 09/03/2010
Il est presque 20h30 et la salle de la Comédie Française se remplit peu à peu. Un brouhaha incessant résonne sur les murs et les balcons dorés. Chacun cherche sa place, ticket à la main. La foule s’installe. Les voix cessent à mesure que l’intensité de la lumière diminue. Un projecteur vise le devant de la scène. Le silence se fait.
La pièce commence par quelques vers de Rolla suivis d’un poème dramatique de l’auteur Alfred de Musset intitulé Dupont et Durant. Ce sont trois comédiens qui se partagent ce prologue : Eric Ruf, Clément Hervieu-Léger et Adrien Gamba-Gontard. Ils annoncent de suite le ton de la pièce et le dynamisme des jeux qui se dérouleront sur scène. Les spectateurs sont attentifs aux dialogues et sont impatients de voir jouer la pièce.
Fantasio est un personnage cynique, blasé et révolté. Il est criblé de dettes et n’ose plus rentrer chez lui. L’homme boit, ce qui n’arrange pas les choses. Spark, en bon ami, tente de faire revenir Fantasio à la vie normale, mais c’est peine perdue. Ce que recherche ce clown triste s’est de sentir utile, de servir une cause qui en vaille la peine. Une occasion s’offrira-t-elle à lui pour le faire sortir de cette torpeur désagréable ? Oui et il va se lancer dans une grande aventure qui le mènera auprès de la jeune et délicieuse princesse Elsbeth et du roi de Bavière, son père. Fantasio entre alors dans un monde inconnu, mais tellement intriguant ! Il découvre alors les méandres du château, les us et coutumes royales, certains secrets… Sa plus grande joie sera d’aider du mieux qu’il peut Elsbeth dans son mariage avec le prince de Mantoue.
Les éclairages sont magnifiques et souvent utilisés pour créer des textures. Quand la jeune princesse est à sa fenêtre, pleurant son malheur, la lumière jaunâtre d’une bougie éclaire de l’intérieur de rideau baissé de la scène. Le tissu fait alors penser à une immense fenêtre. Elsbeth s’en approche lentement et pose délicatement sa main sur le tissu. Une véritable apparition que Fantasio, caché, admire et découvre son chagrin. Quant au prince de Mantoue, son ridicule est accentué par la lumière. Des ombres sur son visage amplifient certaines mimiques de son visage. Associées à ses paroles comiques, elles font leur effet et la salle rit volontiers. Et lorsque la musique s’en mêle, c’est le feu d’artifices ! Une émotion intense émane des chants d’opéra lancés lors des réflexions de Fantasio sur la vie et son avenir. Son mal-être est palpable et même dérangeant pour certains.
Les applaudissements tonnent et un large sourire se dessine sur leur visage. Après avoir tout donné, les acteurs sont fatigués, mais heureux d’avoir transmis de telles émotions. Mission accomplie. Bravo Mr. Podalydès pour cette belle mise en scène !
Fantasio à la Comédie Française
Du 19 février au 31 mais 2010
Place Colette 75001 Paris
08 25 10 16 80
Mis à jour : 09/03/2010
Credits photos : Cosimo Mirco Magliocca
Sources : Line Provost
Copyright : UNIVARTS © 2010 - Tous droits réservés
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