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La "folk" destinée de Miliana

Emilie et Laurent sur la route du succès

Auteur : Charlène LAFONT
Date de publication : 14/03/2010

Miliana
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Associés depuis deux ans au sein de Miliana, Emilie et Laurent connaissent un succès croissant. Les deux marseillais installés à Paris, raflent les premières places des concours et enchainent les concerts, en France et à travers le monde, leur terrain de jeu, quand ils n'officient pas sur le plateau de Taratata ou sur la scène de Solidays. En mars, c'est à Paris que ce duo détonnant, aux accents folk évoluera sur scène. Avant de courir les découvrir, Miliana vous offre le récit de cette belle aventure musicale.  

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Emilie chantait seule depuis 4 ans quand Laurent a rejoint Miliana. Quel a été le déclic qui vous a décidé à vous associer ?

On se connaissait déjà depuis le lycée, Laurent avait son propre groupe, et venait souvent me voir jouer en concert. Quand on est tous allés vivre à Paris à quelques mois d’intervalle, le batteur avec lequel je jouais déjà un peu à Marseille m’a proposé de monter un groupe basé sur mes compositions, j’ai appelé Laurent pour faire la guitare sur ce projet, sur le moment, ça m’a semblé naturel, alors qu’à Marseille je n’y avais jamais pensé. Et depuis il a pris une place très importante dans Miliana puisqu’on co-compose tous les titres.

Votre musique est riche et on devine que vous êtes inspirés par de multiples artistes. Quels sont-ils ? Comment arrivez-vous à marier les influences de Laurent à celles d'Emilie ?

Je pense que comme beaucoup, on s’inspire de tout ce qu’on a pu écouter. Laurent et moi avons des goûts communs, mais pas mal de goûts divergents aussi, et c’est ça qui a pu développer pas mal notre style. J’ai écouté beaucoup de soul, de hip hop, ou de pop très mélancolique. Lui a toujours été d’avantage dans une énergie très rock. On s’est bien nourris mutuellement de nos influences. Des années plus tard, je lui prête un album de Kanye West, lui me prête celui des Arctic Monkeys. Bien sûr on n’en comprend pas forcément tous les codes, mais on essaie de s’inspirer de tout ce qui nous touche chez les différents artistes qui nous plaisent.

Depuis quelques années maintenant, vous enchainez les scènes tant à l'échelle nationale qu'internationale. Vous semblez très attachés à cet échange avec le public. Que vous apportent ces rencontres ?

On est assez d’accord pour dire que ce qui nous attire le plus là dedans, c’est la scène. C’est le moteur du projet, et la première chose à laquelle on pense quand on fait un titre. C’est une chance inouïe de pouvoir vivre l’échange avec le public quand on fait un concert. Je ne saurai pas vraiment l’expliquer, y’a quelque chose d’assez magique qui se passe, pouvoir avoir la satisfaction de donner du plaisir aux gens, en se disant que c’est presque égoïste parce qu’on en prend tout autant, peut-être plus. A mon avis, l’échange avec le public et le processus de composition sont les éléments les plus grisants dans la musique, ce que ça nous apporte, c’est presque tout, au moins une raison d’essayer de faire ce métier. 

Quelle est votre plus belle émotion de scène ? Votre plus beau souvenir ?

Un concert à Constantine, en Algérie. On est arrivés sur scène, on n’avait même pas fait les premières notes du morceau que 600 mecs hurlaient déjà. On était fous…On a fait une intro de 2 minutes juste pour profiter de ce moment, et on se regardait ahuris. Justement, par rapport à ce que je disais plus tôt, ça a pris une toute autre ampleur. Le public algérien est si généreux, il se fout d’être guindé comme en France parce qu’ici, tout nous est offert, on pourrait voir un concert chaque soir si on le voulait. De manière générale, c’est la différence que nous avons remarqué en jouant à l’étranger. Là bas, il n’avait pas eu d’événement culturel depuis des mois, on était les premiers français à revenir depuis qu’un car avait été pris en embuscade. Ils étaient heureux qu’on soit là, et nous l’ont montré, c’était la folie du début à la fin. Encore aujourd’hui je reçois des mails où ils nous demandent de revenir, où ils nous remercient, et moi je les remercie encore, ça n’en finit pas. En tout cas on s’en souvient tous. On aimerait beaucoup y retourner !

Vous avez eu la chance de jouer en Inde, en Algérie et à Dubaï. Avez-vous l'impression que malgré des barrières linguistiques ou encore culturelles, la musique est universelle et ne connait pas de frontières ?

Je suis sure que la musique est universelle. J’écris en anglais donc ça aide à voyager. Mais je pense que certains endroits nous auraient fait venir même si j’avais chanté en français. Certains ne se posent pas plus de questions que ça : Ils aiment, sont touchés par la musique, ils nous programment. Ils se foutent même de savoir si on est produits ou pas. Tant que les gens sont passionnés, ça marche. La musique connait forcément des frontières, parce que ça coute cher de faire venir un groupe, il y a une industrie qui existe et qu’on ne peut pas ignorer. Mais on a eu la chance de participer à des événements qui à priori nous étaient inaccessibles vu notre niveau de notoriété en France, alors on ne se pose plus la question des limites.

Vous avez eu l'occasion de jouer en première partie de nombreux artistes confirmés ou encore d'en rencontrer d'autres lors de festivals ou d'émissions comme TARATATA. Qu'avez-vous appris de ces personnes ? 

Ce n’est pas toujours évident d’approcher les personnes pour qui on ouvre les concerts, ou avec lesquelles on partage les plateaux tv mais de manière générale, ça s’est toujours très bien passé. Ce qu’on a appris surtout, c’est que ce sont toujours de grands travailleurs, j’en déduis donc que ça doit être la clé de la réussite…

Vous avez rejoint le festival Solidays l'an dernier et vous participez à des concerts pour aider la lutte contre le cancer. Considérez-vous que l'engagement citoyen fait partie intégrante de votre musique ?

Heureusement que la musique se met souvent au service de causes comme celles-là. Les gens continuent d’aller voir les concerts, c’est un moyen idéal de sensibiliser de manière ludique. On se dit qu’on ne fait « que » de la musique, alors quand on nous demande de participer à un concert engagé et du coup de mettre une pierre à l’édifice, on ne peut pas refuser.

Vous chantez en anglais. Ne pensez-vous pas que l'usage de l'anglais limite l'impact de vos textes sur le public majoritairement francophone ? 

Bien sûr que ça pose des problèmes à certaines personnes qui aiment comprendre ce que veut dire un artiste, et je le comprends. Alors on va dire qu’on vise plutôt le reste du public. C’est un choix réfléchi que de ne faire que de l’anglais, ce n’est pas la prétention d’une ouverture à l’internationale, mais juste une question de gout, un gout très affirmé pour la sonorité de la langue anglaise. Ce n’est pas pour autant que le sens du texte passe à la trappe. Au contraire, il y a une certaine pudeur qui permet d’aller plus loin dans l’intimité, et ça se ressent dans l’interprétation, et sans comprendre les mots, on peut en comprendre le sens.

Accompagnés pendant un an par deux autres musiciens, comptez-vous agrandir le groupe à l'avenir ou continuer votre chemin en duo ?

Non, les circonstances ont fait que nous jouons à 2 en ce moment, et il s’avère que ça nous plait aussi, et que les dates promotionnelles que nous faisons sont plus évidentes comme ça. Mais le but est bien sûr de refaire des concerts en groupe (ce qui arrive encore ponctuellement), et pourquoi pas même de développer les instruments présents sur scène, et le nombre de musiciens. Mais avant d’en arriver là, il faut d’abord qu’on continue de montrer ce qu’on sait faire en acoustique. En plus acoustique ne veut pas forcément dire sans énergie, au contraire.

Qu'attendez-vous aujourd'hui ?

On attend pleins de chose, et à la fois, on se refuse à attendre quoi que ce soit, on travaille pour mériter que les choses viennent.On continue de composer, et de développer un maximum les morceaux qu’on écrit. On essaie de s’entourer des personnes les plus aptes à nous aider à avancer, ce n’est pas toujours évident, mais on est contents de la manière dont les choses se déroulent.On espère que toutes les dates parisiennes nous apporteront un maximum de visibilité et nous aideront à convaincre les professionnels dont nous avons encore besoin, Puis on va essayer de faire ce qu’il faut pour retourner jouer à l’étranger.

Mis à jour : 15/03/2010

Credits photos : Miliana

Remerciements : Miliana

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