Aline Berelowitsch, restauratrice d’œuvres peintes.
Auteur : Éloïse Bouton
Date de publication : 13/11/2011
Un tableau aux couleurs altérées par le temps, une peinture craquelée ou une toile endommagée par de multiples voyages… Le restaurateur d’œuvres d’art a pour mission de les rénover et de leur faire retrouver leur apparence initiale. Aline Berelowitsch, restauratrice d’œuvres peintes, nous parle de ce métier singulier, tant artistique que technique.
C’est en Russie qu’Aline Berelowitsch a eu une révélation. En pleine perestroïka, l’Union Soviétique connaît une période de réformes économiques, sociales et culturelles et Aline assiste à la réouverture de plusieurs églises. Des restaurateurs d’art l’invitent à monter sur un échafaudage et la jeune bachelière réalise alors qu’elle veut faire ce métier.
Férue de dessin et de peinture, Aline suit une formation de quatre ans à l’Institut National du Patrimoine (INP) dans le Département des Restaurateurs à La Plaine Saint-Denis (93). Après plusieurs stages, elle est embauchée comme salariée dans un atelier dans le sud ouest de la France et s’installe à son compte en 2005 dans un atelier à Pantin (93).
Du simple nettoyage d’une toile, au refixage d’une peinture qui se soulève ou à la réintégration de lacunes, Aline dispose d’une parfaite connaissance de l’histoire de l’art ainsi que de notions de physique chimie. Elle prend en charge les peintures, établit le bilan des altérations et décide du protocole d’intervention en accord avec les responsables des œuvres (organismes publics ou particuliers).
Passionné, ouvert d'esprit, soigneux, patient, minutieux, organisé et précis, le restaurateur de peinture sait identifier une œuvre, son style, son auteur, la dater et en préciser la facture. La durée des chantiers est variable, de quelques jours à plusieurs années selon les projets. Le restaurateur peut être un fonctionnaire recruté par voie de concours au sein d'un établissement public (bibliothèque, musée...) ou un travailleur libéral à son compte, comme Aline.
La jeune femme travaille sur des chantiers (églises, châteaux, musées) ou dans les ateliers d’autres restaurateurs, seule ou en équipe. "Ce que je préfère, c’est la peinture murale. J’aime travailler sur place en équipe et sur un échafaudage". Elle restaure actuellement le salon de Mercure au château de Versailles (huile sur toiles et peinture sur enduit), une collection du musée de Beaufort-en-Vallée (huile sur toile) et deux chapelles de l’Eglise Saint-Eustache à Paris (peinture sur enduit).
En France, il n'existe pas de restaurateurs de peintures salariés des musées, à la différence de la plupart des pays. Très peu de restaurateurs sont fonctionnaires et la plupart sont indépendants. Dans le secteur public, le salaire initial d’un restaurateur est d'environ 1 360 € nets/mois et peut atteindre près de 4 580 € nets/mois en fin de carrière. En profession libérale, les revenus mensuels varient en fonction de l'importance des travaux à réaliser (durée, valeur, spécificité...) et sont estimés à 2 000 €. Aline constate que le prix à la journée baisse depuis vingt ans (400€ par jour à l’époque et 300€ ou moins aujourd’hui).
Si elle apprécie la dimension artistique et l’absence de routine, elle déplore la concurrence accrue et le manque de reconnaissance de la profession, beaucoup moins valorisée qu’une pratique intellectuelle. "C’est un très beau métier, gratifiant et amusant, mais on a peu de sécurité et il est difficile de se projeter et d’avoir une vision professionnelle à long terme".
Mis à jour : 29/04/2011
Credits photos : Aline Berelowitsch
Remerciements : Aline Berelowitsch
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