Lionel Fernandez, metteur en scène de L'Homme de Paille.
Auteur : Éloïse Bouton
Date de publication : 15/11/2011
Lionel Fernandez, comédien et metteur en scène de 37 ans, raconte pourquoi et comment il a entrepris de monter L'Homme de Paille, comédie méconnue de Georges Feaydeau, actuellement à l'affiche au Théâtre du Nord Ouest à Paris.
Je suis un inconditionnel de Shakespeare et de Feydeau, qui est l’auteur que j’ai le plus mis en scène. Un jour, j’ai soumis à quelques comédiens et comédiennes l’idée d'aller travailler une pièce à la plage en Espagne.
En effet, j’ai toujours préféré monter une pièce en fonction de la distribution. Jean-Adrien Espiasse et Günther Van Severen ont tout de suite été partants et j’ai donc cherché une pièce qui convienne à leur personnalité.
Parallèlement, Jean-Luc Jeener, le directeur du Théâtre du Nord Ouest, cherchait, à partir du moi d’août, des spectacles à programmer qui s’inscrivent dans sa thématique sur la politique. Quand je lui ai proposé L’Homme de Paille, il a immédiatement accepté.
Comme L’Homme de Paille est une pièce courte (45 minutes), cela nous laissait un quart d’heure de liberté et j’ai toujours aimé profiter de la liberté. C’est pour cela que j’aime le Théâtre du Nord-Ouest et sa liberté artistique. Ainsi, je peux changer de texte quand bon me semble. Les spectateurs ont donc droit à une vraie surprise et certains reviennent uniquement pour découvrir le nouveau bonus ! Parmi mes bonus préférés, figurent des textes d’Edouard Osmont, contemporain de Feydeau, qui plongent déjà les spectateurs dans un humour absurde mais aussi un peu noir.
En tant que metteur en scène, j’avais déjà travaillé avec Jean-Adrien Espiasse et Günther Van Severen sur Henry VI et le Don Juan de Tirso de Molina ainsi que sur divers spectacles, tournages et cascades à l’épée – notre deuxième spécialité à tous trois. Bref, ce sont des comédiens que j'aime, en qui j’ai confiance et qui ont confiance en moi, ce qui se révèle capital pour bien travailler.
Tout d'abord, je tiens à souligner qu’aucun animal n’a été maltraité pendant les répétitions ! Je veille à ne pas me laisser aller à des idées de mise en scène qui sont peut-être drôles en elles-mêmes mais qui annuleraient les drôleries de Feydeau. Le travail consiste donc à respecter la mécanique comique de l'auteur et à diriger les acteurs de la meilleure manière possible.
La direction d’acteur justement. Feydeau est l’auteur le plus difficile à jouer. Il faut être à la fois caricatural et sincère, incarner un être profondément stupide et malheureux quand il subit sa propre bêtise, pouvoir tout à coup partir dans une frénésie et un délire de péripéties tout en restant clair et précis dans la diction, et tout cela parfois à très grande vitesse. Belmondo a dit : "Jouer Cyrano c’est un marathon, jouer Feydeau c’est un sprint !".
Si on réfléchit, on comprend que quelle que soit l’époque, en 1885 ou de nos jours, certains sont vraiment prêts à tout pour avoir le pouvoir et n’en font pas grand-chose une fois qu’ils l’ont ! Feydeau a bien pris soin de confronter un radical de gauche à un royaliste, deux partis bien opposés à son époque, afin de pouvoir les loger à la même enseigne.
Venez, vous allez rire. Ce n’est pas long donc ça ne vous coûtera pas cher en baby-sitter. En plus, vous avez deux acteurs pour le prix d’un ! Enfin, un normal, Lucchini lui, est très cher, on ne peut pas comparer.
L'Homme de Paille de Georges Feydeau
Avec Jean-Adrien Espiasse et Günther Van Severen, mise en scène de Lionel Fernandez
Mercredi 16 novembre à 20h45 au Théâtre du Nord Ouest et jusqu'au 23 décembre 2011
13 rue du Faubourg Montmartre 75009 Paris
A lire aussi, L'Homme de Paille au Théâtre du Nord Ouest : www.univarts.com/mag/article/3311_l-homme-de-paille-au-theatre-du-nord-ouest
Mis à jour : 15/11/2011
Credits photos : Esther Segal
Remerciements : Lionel Fernandez
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